Les TIC sont le levier indispensable pour la modernisation des secteurs public et privé.
Au Maroc l’introduction des TIC a changé positivement la relation entre l’Administration et ses usagers.Plusieurs initiatives ont été lancées afin de mettre en œuvre un programme complet pour développer l’administration électronique au Maroc.

Durant la dernière décennie, la révolution numérique a suscité d’importants changements
dans différents secteurs : production, services, transport, etc, et ce partout dans le monde. Elle
a entraîné une réduction des coûts, a rapproché les Administrations de leurs citoyens, les
fournisseurs de leurs clients, et leur a ainsi permis de mieux répondre à leurs besoins.
Ceci est d’autant plus important lorsqu’on on sait que dans un monde en réseau, l’efficacité, la
rapidité et l’optimisation, sont les maîtres mots de la compétitivité. C’est pourquoi les
Gouvernements se trouvent aujourd’hui amenés à définir et à mettre en place des programmes
de modernisation de l’Administration publique afin de pouvoir répondre aux exigences du
marché et du développement économique et social. Il s’agit de mettre en place des
mécanismes et une culture de prestation de services publics, qui sou-tendent le
développement et la croissance économique, accompagnent le secteur privé et les
investissements et servent le citoyen où qu’il se trouve et en toute équité et en toute
transparence.
Dans ce contexte, les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) constituent
sans aucun doute un levier pour la modernisation du service public. Pour ce faire, l’introduction
des TIC ne doit plus, comme par le passé, être vue comme une fin en soi mais faisant partie
d’un processus plus large de reforme institutionnelle.
Il s’agit en fait pour le secteur public d’aller au delà de la technologie et d’adopter une nouvelle
culture et attitude dans sa prestation de services fondé sur l’efficacité, l’optimisation et la
transparence. Le secteur public devra adopter de nouvelles manières de penser, intégrer
l’esprit d’entreprise en s’appuyant sur les nouvelles technologies. Ceci paraît essentiel si l’on
désire répondre d’une manière adéquat aux besoins des citoyens, au moindre coût et plus
d’efficacité. De ce fait, opter pour la modernisation de l’Administration publique à travers
l’introduction des TIC ne constitue pas un choix technologique mais apparaît beaucoup plus un
choix politique d’un système nouveau et de valeurs de gouvernance.
A travers le programme de l’Administration électronique, l’accès électronique aux services
publics deviendra de plus en plus important pour les citoyens et les rapprochera plus de leur
Administration. Il va sans dire que si ce programme apparaît comme un élément fondamental
de la stratégie globale de reforme et de modernisation, il n’en constitue pas plus que l’une de
ses composantes.
La mise en œuvre de cette composante essentielle requiert, au préalable, l’identification d’un
cadre et des orientations stratégiques induisant le changement. Il s’agira de simplifier les
procédures, de développer de nouvelles compétences chez les fonctionnaires, de corriger
certaines pratiques, de préparer l’environnement réglementaire, de faire des choix prioritaires
concernant les applications pilotes et d’impliquer tous les acteurs dans l’accompagnement d’un
programme d’une telle envergure.
A travers l’Administration Electronique, le Gouvernement pourra offrir des services de haute
qualité, accessibles et sécurisés. Ceci permettra au citoyen et à l’entreprise de mieux cerner
l’organisation du Gouvernement, de ses départements ou agences, de ses services
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décentralisés ou déconcentrés. Toutefois, la prestation électronique de services n’élimine pas
le besoin de contact direct qui devra être organisé en fonction des besoins des usagers.
Il sera essentiel de s’assurer que les citoyens ont confiance dans les systèmes utilisés, en
protégeant leurs données personnelles et en sécurisant les systèmes. L’accès aux services
publics électroniques pourra se faire soit individuellement, soit par des accès communautaires
(bornes interactives, TV numérique, télé guichets, cyber poste, centres d’appels, etc.).
Prenant conscience de la nécessité de développer l’Administration électronique, le
Gouvernement marocain, par le biais du Ministère de la Modernisation des Secteurs Publics, a
élaboré un vaste programme de promotion et de développement des nouvelles technologies
dans l’Administration. Cette volonté politique, affichée au plus haut niveau, part d’une
conviction profonde que l’Administration, d’une manière générale, est un véritable levier du
développement économique et social. Aussi, le constat fait parfois à tort et qui caractérise
l’Administration publique de lenteur, de bureaucratie et parfois même de rupture avec le
citoyen, a fait que l’ambition actuellement du Gouvernement et sa volonté traduite clairement
dans la déclaration du Premier Ministre devant le Parlement, militent aujourd’hui en faveur
d’une Administration de proximité, de qualité, de transparence, d’équité et de moralisation du
service public.
Dans ce contexte, le programme baptisé IDARATI – إدارتي »- Informatisation des Départements
de l’Administration et leur mise en Réseau Adéquat via les Technologies de l’Information »-
permettra le développement de l’Administration électronique autour de trois axes
fondamentaux visant à ce que l’Administration puisse entrer par la grande porte et accéder à
l’ère des technologies de l’information et de la modernité.