Chine : Au pays de Mao, la résilience à un autre sens

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Par : Abdelghani AOUIFIA

Pékin – Chaque jour, dès le petit matin, des milliers d’employés « white-collars » surgissent comme une vague déferlante de la station-métro de Guomao, le quartier des affaires de Pékin, et s’empressent pour rejoindre leurs postes dans les innombrables sociétés qui meublent ce centre d’affaires communément appelé Beijing CBD.

Les vastes avenues de ce quartier au gratte-ciels géants, également réputé être la zone de shopping haut de gamme de Pékin, bourdonnent d’activité tout au long de la journée, témoignant du dynamisme d’une économie qui ne cesse de monter en puissance.
A Guomao s’illustre le vrai visage de cette Chine nouvelle qui a fait de la technologie et de l’innovation un atout majeur pour se frayer un chemin parmi les superpuissances du monde d’aujourd’hui.
En toile de fond de cette percée chinoise, qui constitue l’un des plus grands bouleversements politico-économiques des dernières décennies, se trouvent des politiques économiques innovantes et volontaristes qui ont permis au pays de réaliser d’importants taux de croissance soutenus, propulsant l’Empire du Milieu au rang de deuxième puissance économique mondiale.
La résilience. C’est en ce mot que les Chinois résument la marche de leur pays depuis la moitié des années 1970 jusqu’à présent, naviguant au milieu d’eaux troubles et de crises mondiales.
Jamais cette résilience n’a été mise à rude épreuve comme durant l’actuelle pandémie du Coronavirus. Au moment où de nombreuses économies ont été ébranlées par cette crise sanitaire sans précédent, la Chine a réussi à inscrire son économie dans une trajectoire de croissance tout en parvenant à contenir une pandémie malicieuse.
Cette gestion sanitaire, économique et sociale de la pandémie est encadrée par ce que les chinois préfèrent appeler « Xiconomics », qui renvoie sur la stratégie pilotée par le Président Xi Jinping, aux commandes de la destinée de cette nation de plus de 1,4 milliard d’âmes depuis 2013.
Les chiffres semblent donner raison à cette stratégie. La Chine a réalisé un taux de croissance de l’ordre de 8,1 pc de son Produit Intérieur Brut (PIB) en 2021. Le score dépasse de loin la performance des grandes économies mondiales en cette année extrêmement difficile.
Les échanges commerciaux du pays ont comptabilisé 6,14 trillions de dollars en 2021, une hausse de 21,4 pc par rapport à l’année précédente. C’est la première fois que ces échanges dépassent la barre des 6 milliards de dollars.
L’approche « zéro-tolérance » face à la pandémie est mise en œuvre par les autorités avec une rigueur qui suscite l’admiration des uns et parfois le mécontentement et les criques des autres. Mais les décideurs chinois demeurent convaincus qu’il s’agit de l’« unique » approche pour protéger la vie humaine tout en donnant à l’économie le coup de pouce nécessaire en ces temps de crise.
« Toute autre politique dont la coexistence avec le virus aurait été très couteuse dans un pays comme la Chine en termes de pertes de vies humaines sans compter les énormes dégâts économiques », affirme le centre chinois de contrôle et de prévention des maladies.
Lawrence Loh, directeur du centre pour la gouvernance et la durabilité à l’université nationale de Singapore, estime que les mesures pénibles prises par la Chine pour contenir le Coronavirus durant les deux dernières années ont constitué la base solide pour redynamiser l’économie.
Les chiffres corroborent de tels propos. En 2021, la Chine a créé 28,87 millions entreprises, une hausse de 15,4 pc par rapport à l’année précédente.
Selon les prévisions, la Chine devra poursuivre sur cette lancée en 2022. « La productivité de l’économie chinoise, sa chaine d’approvisionnement industrielle solide et son vaste marché domestique devront permettre au pays de préserver son attrait aux yeux des investisseurs », indique Tommy Wu, économiste au cabinet Oxford Economics, un think-tank basé à Oxford, en Angleterre.
D’après les analystes, les pays qui ont réussi à battre et à dissiper l’incertitude qui s’est installée durant la pandémie continueront à récolter les fruits de leur résilience. « C’est le cas de pays comme la Chine », affirme le chercheur d’Oxford Economics.
Certains vont jusqu’à dire que les résultats réalisés par la Chine positionnent le pays pour jouer un rôle plus important dans l’économie mondiale. « Avec une reprise économique soutenue, la Chine devient un moteur de croissance mondiale. Un rôle que le pays devra continuer à jouer durant les années à venir », indique Yana Leksyutina, professeur à l’université de ST. Petersburg.
Il s’agit d’un rôle qui aura l’effet de test quant à la volonté de la Chine de s’inscrire réellement dans la globalisation et de partager les dividendes de la prospérité et du développement avec le reste du monde.
Les responsables chinois, au plus haut niveau de l’État, ne cessent d’affirmer un tel engagement. « La Chine est prête à travailler avec tous les pays du monde pour bâtir une économie mondiale plus équitable », avait indiqué le Président Jinping, appelant à une mondialisation ouverte, inclusive, équilibrée et mutuellement avantageuse.

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